Quand Bélinda arriva dans le jardin, lassée d'attendre que quelqu'un s'amène dans le hall de l'Université, il y avait déjà quelqu'un, là, sur un banc. Quelqu'un qu'elle ne connaissait pas, chose très réjouissante. Bélinda adorait engager la conversation avec des inconnus.
Un petit vent fit bouger sa robe Chloé, et Bélinda décida d'abord de faire un petit tour dans le parc. Elle avait envie de voir des petits oiseaux pépier dans la fraîcheur matinale, sans pour autant être sûre qu'il y avait des oiseaux dans le coin, et si elle les entendraient pépier, ou encore si son attention ne serait pas détournée. Bélinda avait toujours l'impression de devoir inventer un prétexte pour faire quelque chose, plutôt que de se dire tout simplement "Je le fais parce que j'en ai envie".
Elle fit rapidement le tour du jardin, qu'elle trouva aussi joli que l'année dernière. Bélinda, qui aimait bien les petits plaisirs de la vie, s'accroupit et passa la main dans l'herbe verdoyante. Elle leva le bout du nez, et son attention se reporta sur la fille assise sur le banc, des écouteurs dans les oreilles. Un peu de musique ? Il n'en fallait pas plus pour que Bélinda, piquée de curiosité, aille vers la jeune fille.
Cette dernière était occupée à chanter, les yeux fermés, une chanson que Bélinda connaissait vaguement. Elle chantait plutôt bien, et Bélinda, qui s'y connaissait tout de même en tempo et autres fadaises, écouta avec plaisir la mademoiselle, qui ne se rendait même pas compte que quelqu'un d'autre faisait attention à elle. A entendre quelqu'un chanter, Bélinda eut envie de jouer du piano, mais ce n'était pas vraiment à l'ordre du jour, le piano...
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Le bonheur, ça s'trouve pas en lingots mais en p'tite monnaie